Que de temps pour soigner la collégiale.
La création du "certificat d'urbanisme", dans les années nonante, a ralenti le processus de restauration de nos monuments classés : plus question de lancer des chantiers au coup par coup, il faut d'abord poser un diagnostic global pour ensuite trouver des remèdes et les mettre en oeuvre. Pour un bâtiment exceptionnel comme la collégiale, à terme, les subsides atteignent 95 %, le solde de 5 % restant à charge de la ville.
La procédure est longue et compliquée.Une première étude a mis au jour des problèmes de fondation, particulièrement sous le porche Sud. L'étançonnement nécessaire de ce porche coûtera plus de 1 millions d'Euros, hors honoraires.
Une seconde étude sera ensuite entamée, cette fois centrée sur la stabilité de l'ensemble du bâtiment en espérant ne pas tomber sur de mauvaises surprises. L'expertise sera menée le plus rapidement possible, le pouvoir subsidiant ayant fixé un délai de 10 ans pour venir à bout de ce dossier.
"Vers l'Avenir du jeudi 31 mars 2005 - Emmanuel WILPUTTE"
Au niveau de l'éclairage intérieur...
"Pour la réalisation de ce travail, il n'existe pas de possibilité de subsides. Une étude préalable estime le chantier à 300.000 €, somme qu'il faudra revoir à la baisse, car c'est trop cher". explique M. l'Echevin NAOME dans ce même n° de V.A. du 31/3/05, où on trouve également :
Electricité : du provisoire qui dure !
Dans les années '80, les ouvriers occupés à refaire les toitures ont signalé des pertes d'électricité : ils ressentent des décharges dans la strucure de l'édifice ! Une installation provisoire a été réalisée par la Ville... elle est toujors opérationnelle à ce jour.
Coup de jeune pour la collégiale
Pas besoin d'un fil à plomb pour mesurer les déformations du portail sud de la collégiale de Dinant. L'un des contreforts subit de plein fouet le poids de l'édifice. "Au point qu'il est possible d'en retirer certaines pierres", confie l'échevin dinantais en charge du patrimoine, Lionel Naomé...
... Des études de stabilité et de contrôle des maçonneries ont montré l'obligation de consolider les façades et d'imperméabiliser les murs. Le tout pour un montant estimé à 1,7 million d'euros. "Nous attendons l'inscription de la dépense dans le budget wallon pour lancer l'appel d'offres", conclut l'échevin Naomé.
"Le Soir" du 05/01/2006 - Ronald Pirlot
Mais tout n'est pas noir, notre collégiale recèle encore beaucoup de bellles choses à voir et surtout à montrer aux visiteurs ! Il faut pour ce faire, attirer l'attention de ce visiteur, l'inciter à découvrir ces petits détails qui, il est vrai, n'apparaissent pas toujours directement au regard du touriste. C'est notre rôle de lui faciliter ces découvertes.
Nous avons la chance de disposer de magnifiques photos que nous devons à M. Bernard Dupierreux que nous remercions pour son aide précieuse. A ce photographe, nous associerons Mlle Virginie Deleau, historienne de l'art, qui après un travail de fin d'étude sur la collégiale, a très gentiment rédigé un texte explicatif sur certaines de ces photos. Nous vous présentons donc ce travail illustré qui aidera certainement le passionné à les situer et à les apprécier.
La collégiale Notre-Dame de Dinant est classée Patrimoine exceptionnel de Wallonie, et est visitée chaque année par des milliers de touristes. L'édifice reste pourtant peu étudié, tout comme la plupart des œuvres mobilières ou immobilières qu'il abrite. Cette étude permettra, sinon de combler ces lacunes, d'attirer l'attention du visiteur sur des parties généralement peu observées : les clés de voûte et les sculptures situées à la base des nervures de la voûte. (Il est conseillé d'utiliser des jumelles afin de mieux observer les oeuvres décrites)
Les exemplaires les mieux conservés se situent dans la nef centrale, dans le collatéral sud, à la croisée du transept et dans la chapelle des Anglais.

La base de chaque arc de la première travée de la nef centrale est ornée de deux anges. Ils regardent vers le haut et tiennent un écu au centre duquel est représentée une fleur. Des traces de polychromie sont observables au niveau des ailes des anges et de leur vêtement. Celui-ci est blanc avec l'extrémité des manches rouge. (Photo 1)
" D'azur à la croix fleuronnée cantonnée de 4 merlettes becquées, le tout d'or. Blason légendaire d'Edouard le Confesseur, roi d'Angleterre, 1044-1066."
" De gueules à 3 couronnes à 3 fleurons et 2 perles d'or rangées en pal. Blason du légendaire roi Arthus, ou Arthur, chef des fabuleux Chevaliers de la Table Ronde."
" Ecartelé : de France : d'azur à 3 fleurs de lys d'or, et d'Angleterre: de gueules à 3 léopards d'or rangés en pal. Blason porté par les rois d'Angleterre depuis la première moitié du XIVème siècle jusqu'aux premières années du XVIIème siècle."
" D'argent à la croix de gueules. Blason emblématique traditionnel de saint Georges, patron de l'Angleterre."
" De gueules à 3 léopards d’or rangés en pal. Blason des ducs de Normandie, rois d’Angleterre."
" D’argent à la croix de gueules cantonnées au premier canton d’un glaive versé en pal du même. Blason de la ville de Londres".
En conclusion, à l'instar des écus situés dans la chapelle des Anglais, il serait possible d'étudier l'ensemble des écus de l'église. Cette étude porterait, entre autre, sur l’identification des armoiries et donc des familles représentées. Cela permettrait notamment de dater la voûte avec plus de précision qu’actuellement. Jusqu'à présent, elle est datée du XVème siècle.
V. Deleau,
Historienne de l'Art
Aidée de son amie, E. Plouvier


Trois exemples sculptés de têtes humaines sont présents dans l'édifice. Tous sont situés dans le collatéral sud. Dans la première travée du collatéral, deux têtes humaines portant un couvre-chef sont sculptées à la base des arcs (Photos 2 et 3)

La tête humaine représentée dans la deuxième travée ne porte pas de couvre-chef, mais son visage est entouré d'un feuillage. (Photo 4)
Les clés de voûte et la base des arcs de voûte des troisième et quatrième travées de la nef centrale sont ornées d'écus entourés d'une couronne végétale (photos 5, 6 et 7). Les motifs d'armes peints au centre des écus sont encore facilement observables, Ils n'ont malheureusement pas encore fait l'objet d'une étude permettant de les identifier. Un de nos fidèle visiteur, Monsieur Emmanuel Philippe nous suggère le résultat de son étude concernant la photo 6 (Voir ici)





Dans le collatéral sud, au niveau du portail du baptistère, un écu peint de fleurs de lys est encore bien visible (photo 8). Au même niveau, mais dans le collatéral nord, on peut observer un écu dont le motif central est entouré de dix fleurs. Chacune compte quatre pétales (photo 9).

La clé de voûte de la croisée du transept est ornée d'un aigle bicéphale.(photo 10)
D'autres écus, bien conservés, sont situés dans la chapelle des Anglais. Cette dernière n'est malheureusement pas accessible au public (photos 11, 12, 13, 14 et 15 ). Ces armoiries ont été identifiées par l'abbé Hayot, en 1950. Selon lui, les écus sont peints d'armoiries anglaises. (HAYOT, La collégiale de Dinant, 1950, p. 27)






Afin de situer le plus précisément possible les photos que nous vous avons fait connaître, voici un plan de la collégiale.
Les numéros qui y figurent correspondent au numéro que porte chaque photo, dont l'emplacement exact est figuré sous le point vert.
Pour les photos 11, 12, 13, 14 et 15, elles se trouvent toutes les 5 dans l'espace encadré vert qui délimite et indique la position de la chapelle des Anglais par rapport à l'ensemble.
Bien d'autres écus, armoiries et sculptures de pierre se trouvent encore dans cette église ! En voici encore un petit échantillon que vous pouvez vous amuser à découvrir sur place.









