
Tout au long des berges de la Meuse, afin d'éviter les accidents, on trouve une série de bornes de pierre, surmontées bien souvent d'une barre de fer qui les relie l'une à l'autre. Quoi de plus banal que ces bornes me direz-vous ! C'est vrai, mais approchons-nous plus près et regardons ... Tiens, cette borne-ci est ronde, tandis que l'autre, là, est de forme rectangulaire, une autre à le dessus bien plus arrondi ... bref, toute une série de petites différences ... Découvrons-les ...



Avenue Cadoux à Dinant













Mais un autre genre de bornes que l'on peut découvrir de 70 mètres en 70 mètres, ce sont les bites d'amarrage ou de leur nom plus technique, des "Bollards".
Elles servaient, outre le fait d'amarrer les bateaux à l'arrêt, à aider ceux-ci à remonter le courant quand le débit du fleuve était trop important pour la force de leur moteur.
Merci à monsieur Daniel DENIS, éclusier, à qui nous devons ces précisions.
Utilisation des Bites d'amarrage ou Bollards :
Lorsque le débit du fleuve était trop important pour la force des moteurs, on faisait à ce moment-là des manoeuvres que les éclusiers appelaient "faire des loufs" et que les bateliers appelaient eux :"faire des en avant".
Pour faire ces "en avant", une amarre d'une certaine longueur suivant les cas était attachée à l'avant du bateau et son extrémité munie d'une boucle attachée à un bollard sur le halage.
Le bateau se laissait aller jusqu'à ce que l'amarre soit tendue, ensuite il s'écartait de la rive, ce qui avait pour effet de le faire remonter le courant pour l'amener à la perpendiculaire de son point d'attache sur la terre ferme.
Lorsqu'il était arrivé à la perpendiculaire, le bateau se rapprochait au plus vite de la rive et les accompagnants se trouvant sur la terre ferme reprenaient le mou de l'amarre à toute vitesse et s'en allaient l'attacher à un bollard plus éloigné vers l'amont.
La manoeuvre pouvait recommencer, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le bateau arrive à se trouver hors de la difficulté et à naviguer seul par la force de son moteur.
Dans la région, la partie du fleuve où la nécessité de faire ces manoeuvres était habituelle, se situait entre la sortie de l'écluse de Leffe et le pont de Dinant ; passé ce pont, les bateaux étaient sortis de la difficulté et navigaient sans plus de problèmes.
De nos jours, les bateaux sont équipés de moteurs assez puissants et n'ont plus recours à ces manoeuvres. (d'après M. DENIS Daniel)
