
A Dinant (ville), cinq maisons et une plaque ont survécu aux démolitions de la guerre 1914 et aux modifications urbanistiques. Ces maisons mériteraient d'être classées comme monuments. Toutes sont dues à l'architecte namurois E.F. Stassin qui a pratiqué son art à Dinant durant les années 1893 à 1900 (voir fiche n° 3 : Signatures d'architectes), et dont nous ignorons tout. Comment venait-il de Namur à Dinant pour surveiller ses constructions ? En calèche, en diligence, en train, à cheval, ... peut-être possédait-il une voiture ? Ou bien résidait-il dans un des nombreux hôtels existants à l'époque ?

La première maison connue réalisée par Stassin est celle où est né le Père Pire(1910-1969), prix Nobel de la paix en 1958. Cette maison fut construite en 1893, rue saint Pierre. C'est une maison à un étage et mansardes, dont le soubassement est réalisé en pierres bleues, de même que les encadrements des ouvertures. La maison comporte 3 larmiers, également en pierres bleues, courant tout le long de la façade et creusés par dessous de façon à ce que la pluie tombe en gouttes sans mouiller exagérément les murs.

Signature de l'architecte incorporé dans la façade de la maison Pire (à l'extrème droite)

Chronogramme situé au-dessus de la porte d'entrée
Stassin est un précurseur, il a sauvegardé les vestiges de l'ancienne église Saint Médard en construisant un immeuble et en y englobant ces vestiges. Pour approfondir l'histoire de cette église et de ses vestiges, voir : "Revue des archéologues et historiens d'art de Louvain - XVIII - 1985" - "Archéologie dinantaise - L'ancienne église Saint Médard Outre Meuse par Christian Pacco".
Cette maison à un étage et toit mansardé datée de 1894 est visible Avenue des Combattants. Sur sa façade, un balcon en fer forgé ou coulé est monté sur des corniches moulurées en pierre bleue. Les larmiers font toujours partie intégrante, mais moins prononcés. Toiture en bâtière (toit à 2 versants inclinés comme les côtés d'un toit et posé sur deux pignons). La façade est réalisée en briques avec bandeaux de briques également, mais de couleur différente.
Plaque-signature de l'architecte Stassin, avenue des Combattants à Dinant.
1895 : Deux maisons, deux façades de briques avec l'une, des bandeaux de pierre, l'autre, des bandeaux de briques de couleur différentes.
Au n° 7 de la rue Léopold, un balcon en fer forgé ou coulé est posé sur une loggia de bois soutenue par des corniches moulurées en pierre bleue. La porte d'entrée est surmonté d'un linteau mouluré, en pierre bleue également.
Au n° 78, rue des Rivages, la "Villa des fleurs" a la caractéristique d'être posée sur un entresol. Ici également, nous trouvons un balcon en fer forgé ou coulé posé sur corniches de pierres moulurées. Nous retrouvons ici encore les larmiers traditionnels en pierres bleues. La porte d'entrée est surmontée d'un fronton en pierre bleue également.

1899 : Un ensemble de trois maisons ne formant qu'un seul bloc de trois étages. Les façades voient leurs ouvertures(portes et fenêtres) encadrées de pierres bleues taillées. Toujours présents, les larmiers de pierres également. Deux loggias posées sur des corniches de pierres moulurées agrémentent les façades extérieures, tandis que deux balcons de fer forgé ou coulé ornent la façade centrale. A remarquer : des décorations en céramiques teintées garnissent les façades.

Rue Daoust, 70-74 avec ses garnitures en céramiques teintées.
Mais, semble-t-il, cet architecte ne s'est pas contenté de construire des maisons, il aurait également réalisé les plans de monuments funéraires. Nous en rencontrons deux exemplaires, un au cimetière de Sorinnes, signé de son nom et du nom du tailleur de pierres qui l'a réalisé : H. Royaux de Thynes. Le second monument se trouve au cimetière de Dinant.
Le monument funéraire de Sorinnes avec les signatures de l'architecte et du tailleur de pierres